
DECOUVRIR L'ICÔNE DE LA NATIVITE
L'icône de la Nativité dépeint le Créateur de l'Univers entrant dans le temps historique comme un nouveau-né. Sa signification théologique exprime le caractère extraordinaire de l’incarnation du Verbe de Dieu, sans tomber dans le sentimentalisme humain.
L’enfant Jésus
Au centre de l’icône, l’Enfant Jésus est couché dans une mangeoire ressemblant à un tombeau, et ses langes de bandelettes évoquent la soumission complète du Christ aux conditions physiques gouvernant la nature humaine. Cela indique aussi qu’Il est de la descendance de David cat tous les nouveaux nés étaient enveloppés de linges blancs pour les reconnaitre. Les bandelettes évoquent également le linceul, préfigurant la passion à venir.
Marie
La Vierge Marie a une position centrale et imposante par sa taille. Marie repose sur une couchette rouge symbolisant l’Esprit-Saint. La couleur pourpre de ses vêtements souligne également sa dignité de Mère de Dieu. Son regard est tourné dans la position opposée à celle du Fils et sa main droite placée sous le menton signale qu’elle médite sur le mystère qu’elle est entrain de vivre. Son visage et ses yeux devinent que le destin humain du Fils sera douloureux. Elle perçoit aussi l’agitation et les évènements à venir.
Joseph
Saint Joseph est dans le coin inférieur, méditatif et subit passagèrement la tentation du doute. Un vieillard courbé et vêtu de peaux de bête représente le diable venant le tenter : « Cette conception virginale n’est-elle pas impossible ? » semble-t-il lui souffler. « Dans la personne de Joseph l’icône nous révèle non seulement un drame personnel, mais celui de toute l’humanité, la difficulté d’admettre ‘ce qui dépasse la parole et la raison’, l’Incarnation de Dieu. »
Cette attitude de saint Joseph sur les icônes de la Nativité vise seulement à symboliser des difficultés de foi que nous tous, hommes, pouvons rencontrer devant les merveilles de Dieu, et elle ne doit pas être comprise d’une manière réductrice de voir le rôle de Saint Joseph.
Les bergers et les mages
Tous premiers avertis de la naissance du Sauveur, deux bergers s’avancent dans la confiance et la foi, à droite ; et les Mages, en haut à gauche, cheminent par un chemin plus long qui est celui de la recherche et de la connaissance de Dieu. Leur longue marche et la pure fidélité à l’Etoile les mènent à découvrir que Celui qu’ils cherchaient au loin, très haut dans les astres, dort sur la paille.
Ils représentent les trois âges de la vie : un homme jeune, un homme mûr, un homme âgé.
Les sages-femmes
Elles baignent l’enfant. Leur présence souligne toute l’humanité de cette naissance, le réalisme de l’Incarnation : le Seigneur est comme tous les nouveau-nés et a besoin d’être lavé et habillé.
Anges
Les anges glorifient Dieu, agissant, remplissant leur ministère : ils chantent, ils annoncent la Bonne Nouvelle aux bergers
Le ciel et les étoiles
En haut, au milieu, le ciel s’ouvre (« une sphère qui dépasse les limites de d’icône et représente symboliquement le monde céleste ») et un rayon en 3 branches représentant la Sainte Trinité vient l’unir à la terre en la personne du Christ.
Le décor
Les montagnes sont largement présentés, et on notera qu’elles sont assez escarpées et comme en mouvement. « Ici, la terre n’est pas lisse et tranquille ; ce n’est pas un témoignage topographique des environs de Bethléem, mais le signe que la terre aussi est visitée : comme une pâte qui a reçu du levain, elle commence à se soulever et à fermenter. »
Le monde animal et végétal est aussi présent pour accueillir en son sein le Sauveur : le bœuf et l’âne de la crèche, les bêtes gardées par les bergers, de nombreux arbres et plantes. Toute la création est là.
Enfin, le Christ, couché dans une grotte, se détache sur un fond noir. La grotte, véritable trou béant dans cette icône, symbolise les ténèbres de l’homme –matérielles et spirituelles- que Dieu vient illuminer, le monde d’ici-bas frappé par le péché par la faute de l’homme, et où se lève le Soleil de justice.
"Seigneur, tu as fait resplendir cette nuit très sainte des clartés de la vraie lumière ; de grâce accorde-nous, qu'illuminés dès ici-bas par la Révélation de ce mystère, nous goûtions dans le Ciel la plénitude de sa joie."
